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Le jeu de Jacquet est né vers l'an 1800 alors que le Trictrac, jeu mythique de l'Ancien Régime, était en déclin. Le Trictrac s'est quasiment éteint à la fin du XIXe siècle malgré un sursaut au cours de la Restauration. Le Jacquet a perduré jusque dans les années 1960. Il semble avoir un très fort lien de parenté avec le Moultezim, jeu de tables turc.
Matériel : ·
Le plateau est appelé « tablier » dans le sens
où il contient les « tables » (ancien nom des dames). Position de départ : Chaque joueur place ses 15 dames du côté de son adversaire et à main gauche de ce dernier, comme indiqué sur la figure ci-dessous :
·
Les pointillés symbolisent
les flèches, et le nombre « 15 » correspond au total
des dames sur la flèche (y compris les deux dames marquées « N »
ou « B ») Circuit des dames : ·
But du jeu : ·
Amener ses 15
dames dans le quatrième quadrant du circuit : zone de « s »
à « x » pour les Noirs, et de « g » à « l »
pour les Blancs. Priorité des dés : Pour savoir quel joueur lancera les dés pour le premier
coup de la partie : Validité des dés : ·
Si sur un lancer des dés, au
moins l'un d'entre eux sort du tablier ou
bien se retrouve sur une des bandes, le lancer est complètement
à refaire. Déplacement des dames : 1.
Sur un coup de dé simple (les
2 dés présentent des nombres différents) on peut
: 2.
Sur un doublet (la valeur de chacun des deux
dés est la même) 3.
« Dame touchée : dame jouée » Noms donnés aux doublets : Les anciens joueurs annonçaient
les doublets de la manière suivante : Obligation de jouer le dé le plus fort : ·
Si on peut jouer l'un ou l'autre
des deux dés mais pas les deux, on est tenu si possible de jouer
le plus fort. C'est la raison pour laquelle, après le jet des
dés, on doit annoncer les dés en commençant par le plus fort (par
exemple « 4 et 2 » et non « 2 et 4 »). Notons
au passage que le « 1 » ne se dit pas « un »
mais « As ». Déplacement de la première des quinze dames : ·
La première des quinze
dames de chaque joueur circule sur la pointe des flèches. Restriction au déplacement des dames : ·
Une dame ne peut s'arrêter
ni même se reposer (c'est la raison pour laquelle on marque un
temps de repos) sur une flèche occupée par au moins une dame de
l'adversaire. Par contre on peut le faire sur une flèche vide
ou occupée par une ou plusieurs dames de sa propre couleur. Sortie des dames : Une fois les 15 dames rentrées dans le dernier quadrant,
on sort les dames du tablier en suivant les règles suivantes :
Les Blancs, après avoir rentré la dame en « f » dans le dernier quadrant, pourront commencer à sortir les dames du tablier. Exemples Les Blancs amènent « 3 et 2 » ·
Ils jouent la dame de
« f » en « i » pour le 3 et sortent la dame
en « k » pour le « 2 ». Les Blancs amènent « 6 et 5 » ·
Ils jouent le 6 de « f »
en « l », rentrant ainsi la dernière dame, et sortent
la dame en « h » pour le 5. Les Blancs amènent « Bezas » ·
Ils jouent la dame « f »
en « g » pour un As, puis sortent trois dames en « l »
pour les trois As restants. Les Blancs amènent « Sonnés » · Ils rentrent la dame de « f » en « l » pour un 6, puis sortent la dame en « h » pour un autre 6, puis la dame en « i » pour un troisième 6 et enfin la dame en « k » pour le dernier 6. Bouchage du passage des dames de l'adversaire : Lorsque l'on occupe six flèches adjacentes, on occasionne
un bouchon qui bloque complètement la progression des dames en
retard de l'adversaire.
Dans cet exemple : ·
les dames noires occupant les 6 flèches de
« a » à « f » bouchent complètement le passage
des dames blanches situées de « m » à « x ». Dans les plus anciennes règles du jeu que j'ai pu lire il n'est mentionné aucune interdiction de bouchage. Gain de la partie : ·
le joueur qui a sorti ses 15 dames alors
que son adversaire avait commencé à sortir les siennes marque
1 point. 2. Règles avancées Les règles suivantes ont été introduites afin d'accélérer le déroulement du jeu et de lui donner un plus grand intérêt tactique. Le postillon : La première dame jouée est nommée "POSTILLON" et circule, tant qu'elle n'a pas rejoint le quatrième quadrant, sur les pointes des flèches. Une fois rentrée dans le dernier quadrant, elle rejoint la base de la flèche sur laquelle elle se trouve.
Dans ce exemple : ·
Le postillon des Noirs se trouve en « p »,
il n'a pas encore rejoint le dernier quadrant; il n'est pas rentré. Bouchages interdits : ·
On n'a, en aucune manière, le droit
de boucher complètement le passage du postillon tant qu'il est
sur la pointe d'une flèche, autrement dit tant qu'il n'a pas rejoint
le quatrième quadrant. Sortie des dames : ·
On suit
les mêmes règles que dans la version d'origine mais les dames
au lieu d'être mises à l'extérieur du tablier doivent impérativement
être rangées sur la case de départ de l'adversaire (son talon). Exemple :
Ici les Blancs ne peuvent sortir aucune dame, les Noirs occupant la flèche « a » (flèche de rangement des dames blanches après leur sortie). Les Blancs ne peuvent pas jouer plus loin que la flèche « l ». Gain de la partie : Le joueur qui a sorti le premier ses 15 dames gagne : Et si l'adversaire n'avait pas commencé à sortir ses
dames : Ce système permet de préserver l'intérêt du jeu jusqu'au bout par la possibilité pour le perdant de minimiser ses pertes. On peut cependant s'en tenir au système initial limité au gain d'une partie simple ou double.
3. Le Moultezim Ce jeu de table turc portant le nom donné jadis en Turquie aux collecteurs, le plus souvent usuriers, d'impôts fonciers, ressemble fortement au jeu de Jacquet. Il n'en diffère que par les deux points qui suivent. La première dame : Au Jacquet, elle doit avoir atteint le quatrième quadrant avant que l'on puisse jouer les autres dames. Au Moultezim, cette même dame doit seulement atteindre le troisième quadrant pour que les autres dames puissent être jouer. Bouchage dans le premier quadrant : Au Jacquet moderne, ce bouchage est conditionnel (une dame amenée sur la dernière case et, optionnellement, une autre sur l'avant-dernière case). Au Moultezim, le bouchage dans le premier quadrant est toujours interdit (on doit laisser en permanence une de ses six premières cases libre pour le passage de l'adversaire). Références : ·
Cours complet de Trictrac avec
un abrégé du Gammon, du Jacquet et du Garanguet par P.M. Lepeintre
Desroches chez Guillaume, Paris, 1818. Informations : ·
Page mise en ligne le : 19
août 2003 Page d'accueil :
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