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La Triomphe est un jeu de cartes très
ancien qui a introduit la notion d'atout. L'appellation triomphe
a été utilisée pour définir la couleur l'emportant
sur les trois autres jusqu'à la fin du XIXe siècle
parallèlement à celle d'atout adoptée très
tôt elle est toujours utilisée en Angleterre
(trump) et en Espagne (triumpho). La Triomphe est à
l'origine d'une famille de jeux de cartes reprenant ses caractéristiques
et lui en ajoutant d'autres spécifiques. La Bête,
la Mouche et l'Écarté font partie de cette
famille. Par exemple, l'Écarté, en vogue de la fin du XVIIIe
siècle au début du XXe, n'est autre que la Triomphe
avec la possibilité d'échanger des cartes avec celles du
talon, ce qui rend le jeu bien plus subtil et calculatoire. |
La Triomphe se joue de manière individuelle de 2 à
6 joueurs, ou en deux équipes de 2 ou 3 joueurs, avec un jeu de 32
cartes.
Dans le cas où l'on joue par équipe, les joueurs de
la même équipe se placent du même côté de
la table et peuvent se communiquer leurs jeux, mais uniquement visuellement.
L'ordre décroissant des cartes est le suivant dans chaque
couleur :
Il est identique dans les autres couleurs cur,
pique, et trèfle.
Chaque joueur prend une carte au
hasard dans le jeu étalé sur la table, faces cachées, et
celui qui obtient la plus haute, commande à son adversaire ou
l'un de ses adversaires de donner.
Le donneur ainsi désigné mélange les cartes, les donne
à couper au joueur placé à sa gauche, et distribue 5 cartes
à chacun, par trois et deux, ou deux et trois, dans le sens inverse des aiguilles
d'une montre.
Le donneur retourne la carte suivante et la met en partie visible sous le talon.
La couleur pique, coeur, carreau ou trèfle
de la retourne sera atout, autrement dit triomphe
Les cartes du talon ne seront ni utilisées, ni consultables par
les joueurs.
Le premier à jouer, appelé
premier en cartes, est le joueur placé à la droite du donneur
et pour les levées suivantes se sera le gagnant de la levée.
On dit de ce dernier qu'il a la main.
Il est interdit de renoncer, c'est à dire qu'il faut, si possible,
fournir de la couleur demandée. D'autre part, on doit toujours
monter en jouant une carte plus forte que celles déjà sur
la table, si on en a la possibilité.
Si un joueur ne peut fournir de la couleur demandée, il doit couper
avec un atout jouer de la triomphe. La triomphe
l'emporte sur toute autre couleur.
Si n'ayant pas de la couleur demandée, un joueur joue après
un autre qui a coupé, il doit surcouper si possible, sinon
il joue une triomphe plus faible même si c'est sur un de ses équipiers.
Dans le cas où l'on n'a ni couleur demandée, ni triomphe,
on joue la carte que l'on veut.
L'équipe qui fait trois levées marque 1 point.
L'équipe qui fait les cinq levées marque 2 points.
On dit qu'elle fait la vole.
Lorsque qu'un coup est terminé, on passe au suivant en changeant
de donneur. Celui-ci sera, en cas de jeu par équipe, désigné
par l'équipe du dernier donneur.
La partie se joue en cinq points.
Avant
chaque donne, on mélange et on fait couper.
Si,
juste après la donne, une équipe trouve son jeu trop mauvais,
elle est en droit de concéder à l'équipe adverse le gain
de la partie. Si celle-ci accepte, elle marque 1 point et on considère
le coup terminé, mais s'il elle refuse, le coup se joue
normalement et l'équipe ayant refusé le point doit impérativement
faire la vole sinon c'est l'équipe proposante qui marquera 2
points.
Afin
d'augmenter la rapidité du jeu, il est bon d'utiliser deux jeux de
32 cartes, chacun ayant une couleur de dos différente.
Les
deux équipes ont leur propre jeu.
À
chaque coup on change de jeu de cartes. Cette alternance des jeux permet
aussi de savoir parfaitement quelle équipe doit donner.
Comme
il est pratiqué avec un seul jeu, les cartes sont mélangées
avant la coupe et la donne.
La
triomphe peut être joué à quatre, cinq ou même six
joueurs individuellement.
Les
règles sont les mêmes qu'à deux joueurs.
Si à la fin d'un coup, plusieurs joueurs ont le même plus
grand nombre de levées, c'est celui qui les a faites le premier
qui gagne et marque 1 point.
Le joueur qui fait la vole en faisant les cinq levées marque
2 points.
La partie se joue en cinq points.
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L'As qui pille est une variante très ancienne de la Triomphe qui se joue de la même manière mais uniquement individuellemet et à plus de trois joueurs (voir ci-dessus au chapitre 6). L'as de triomphe y tient un rôle particulièrement important. Nous allons voir les différences entre les deux manières de jouer. |
Dans ce jeu, l'as occupe la plus haute place au lieu du roi.
L'ordre décroissant des cartes est le suivant :

L'ordre des cartes est le même dans les trois autres couleurs.
Outre qu'il occupe le rang le plus
fort dans chaque couleur, l'as, s'il est d'atout donne les privilèges
suivants :
si le donneur retourne un as, qui est alors forcément celui d'atout,
il le prend dans son jeu et met sous le talon une carte de sa main
qu'il ne souhaite pas conserver. Puis, il retourne la nouvelle carte de dessus
le talon et si c'est un atout il procède encore à l'échange.
Cette procédure est poursuivie tant que des atouts sont retournés.
On dit que le joueur pille.
si le donneur ne retourne pas un as, le joueur qui a dans sa main celui
d'atout prend la retourne en échange d'une carte de son jeu et
la procédure de pillage continue pour ce joueur comme précédemment.
Une fois le pillage terminé ou si aucun des joueurs n'est en mesure de
le faire, le jeu se joue en cinq points comme à la Triomphe, avec la
même possibilité d'abandonner le point à l'adversaire.
Académie universelle des jeux, Paris, Legras, 1730
Page mise en ligne le 2 juin 2004
Dernière mise à jour, le 4 juillet 2009 : mise en forme